Appoline

Articles étiquettés ‘arrêt de la bataille’

La fin d’une époque

3 septembre 2009 · Laisser un commentaire

15h30: Il n’y a pas que le bât qui blesse. Il y a les mots aussi. Je vais bien. Rien d’autre à ajouter. Laissez-moi tranquille. Je n’irai plus, décision prise, médecin appelée. Je suis censée y aller dans quinze jours “pour en parler”. Mais c’est terminé, je n’irai pas.

Edit de 17h44: On était demain matin, j’avais dormi une nuit entière, d’épuisement. Cauchemardé aussi. De mes parents, mon frère, qui s’engueulaient pour des futilités, n’étaient pas d’accord pour les places qu’ils voulaient occuper dans une gigantesque salle de concert. Le chanteur étaient déjà sur scène. C’est là que j’ai compris la distance qui nous séparait. J’ai tapé sur l’épaule de ma mère et suis allée me réfugier devant, avalée par la musique et les lumières. J’ai rouvert les yeux. Et nous sommes toujours aujourd’hui, le cauchemar est encore là même les yeux ouverts. Nous sommes toujours aujourd’hui et j’ai cette boule qui ne veut pas passer, comme une fuite d’eau qui ne cesserait de couler. J’ai les yeux ouverts et la marque de ma main sur la joue, je n’ai dormi qu’une pauvre petite demie heure.

Edit du 4 septembre, 9h08: quand une journée pareille commence, on ne peut qu’appréhender la suite de son déroulement, comment va-t-elle donc finir? Et puis parfois, tenir une promesse, faire un effort physique, psychique renverse la tendance glauque, caresse un peu un moral échauffé et applique une crème anti-brûlures, un parapluie contre les tuiles et les vexations. Pour essayer de cicatriser de ses mots. La rage est encore là, mais elle est différente, elle est moins sombre. Je reste sur ma position, mais je lui ai écrit à ce docteur, ce que mon coeur comportait de trop, ce trop qu’elle m’a dit et ce trop subjectif qui vient de moi et qui m’a écrasée. Je n’ai pas réagi de la même manière que d’habitude, j’ai dormi pour oublier, j’ai dormi pour apaiser un peu et j’ai craché la douleur qui a découlée de ses mots à elle sur le moleskine noir dont les pages sont écornées.

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Sans existence et sans essence.

21 août 2009 · 8 commentaires

On sonne la fin d’un été éclair, passé entre le boulot et le reste, les cinq jours de vacances et le soleil. On est un peu atterrée aussi de l’odeur triste qui règne dans l’appartement, malgré le soulagement de l’avoir retrouvé. Je ne sais pas sourire. Je ne sais pas vivre. Je suis désolée. Et de baisser les bras et de le dire.

Comment on fait pour se relever? Comment on respire naturellement? Comment on cesse d’étouffer? Pourquoi les murs sont si durs et m’attirent comme un aimant? Pourquoi je m’y cogne?

Qui possède ce putain de mode d’emploi de la légèreté de l’être et la fonction sourire naturel? C’est pas faute d’essayer de faire pourtant. Mais il y a toujours ce truc sombre qui m’attire et me fait signe que je n’existe pas. Que je me leurre à croire que j’ai une place ici. Alors simplement j’arrête. De me battre contre des moulins à vent, à la Don Quichotte. De m’étouffer dans un air irrespirable.

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