Nous
juillet 28th, 2011 § Laisser un commentaire
Nous étions et resterons une bande de jeunes fous, plus ou moins hors la norme, égarés, tellement qu’on trouvait notre compte dans ce rythme effréné. Aucun de nous ne regrette de s’être tant investis, d’avoir tiré un trait sur certaines nuits de sommeil, malgré le mépris récolté aujourd’hui. Pas un n’aurait agit différemment on se dit entre nous. Nous en avions besoin, d’accepter cette asservissement au travail. On nous proposait, implicitement, l’exploitation. Nous l’avons accepté et signé en connaissance de cause. Dans exploitation il y a exploit.
Je n’imaginais pas un tel désastre, une telle tempête de folies et d’incompréhension, de déchainement de colère. Je ne pensais pas licenciement – avec tous les autres infortunés soit toute l’équipe – pour des motifs qui devant les prud’hommes jamais n’auraient tenus. Je ne pensais pas huissier. Je ne pensais pas censure. Je ne pensais pas mensonge éhonté. C’est bien simple, nous n’avons rien vu venir. Tout est allé très vite ces dernières semaines mais perdre la foi en ce que nous faisions aurait juste signé notre arrêt de mort. Nous avons vu la chute arriver, nous l’avons sentie. Nous avons postulé ailleurs aussi. Ou pas pour moi, au dernier moment, juste avant l’entretien qui m’était réservé. Arrêter de travailler nous aurait perdu, cesser de croire à ce projet signifiait ne plus croire en nous.
Aucun de nous ne flanche. Nous tenons bon encore. Il est dans l’erreur, il est contre le droit. Il fait marche arrière. Et malgré les sombres perspectives, je ne voudrais pour rien au monde faire un tour dans le passé et changer le cours des choses.