juin 20th, 2011 § 2 Commentaires

Ne plus parler, ne plus penser à rien. S’y mettre, s’y re-mettre et dresser le couvert. Ouvrir les vannes comme on ferme la bouche, sentir le chaud rouler sur les joues. Soulagée, rire à s’en émouvoir, de trop, d’assez de choses pour finalement n’en extraire que le bon. Ne pas savoir où l’on va ces prochains mois. Remiser au placard les belles envies. Cesser de vouloir partir en vacances. Ne crie pas je suis tout à côté de toi. Écouter son frère et ce décalage, impuissante à lui faire comprendre la valeur du peu de vie qu’il a en mains. Le regarder, lointaine, pérorer sur des choses que l’on aura jamais et qui de toute manière ne nous font pas envie. L’observer émettre des sons, se prévaloir méprisant de posséder du matériel. Et puis s’entendre dire que l’on est matérialiste soi-même puisque sinon la machine à laver dans l’appartement ne nous aurait fait ni chaud ni froid.

Tout ce qu’il peut dire est faux, tout ce qu’il peut vomir de mots là, sur cette table, gonflé d’orgueils et de préjugés, tout ça ne me montre qu’une seule vérité. Que nous sommes différents. À jamais. La vie nous a séparé tous les deux. Et ma mère d’ajouter à demi-mots dehors devant le kiosque alors qu’il n’est pas arrivé qu’un jour il se prendra une grande claque comme jamais il n’aura eu l’occasion de recevoir jusqu’à présent.

J’en doute. Mais j’essaie de continuer d’être convaincue que tout ce qu’il dit sur moi et sur lui est erroné. Parce qu’il ne sait presque rien de moi.

§ 2 Réponses à

  • Anorchidea dit :

    Mon Dieu tous ces mots.
    Bam. Pan.
    Me sens petite. Minuscule petite chose devant ces grands mots. Pas gros. Grands. De gravité, de grâce, de lumière parfois. D’obscurité aussi. J’ai lu avec avidité. Parcouru, relu, étouffé des spasmes salés. C’est un fait, je n’arrive pas à prendre de recul. Aucune distance.
    Ta ponctuation s’emballe comme la chamade à l’intérieur de mon thorax.
    Les mots justice, anorexie, cinglés, fous, silence, fin, censure. Putain.

    Et, Toujours la même question, à la fin.
    Combien sommes-nous?

    *Je ne veux plus jamais entendre quoi que ce soit sur DSK. Plus rien.
    Et surtout pas…”tu vois ce que j’avais dit?hein?”
    J’en ai mal à l’avance. Ça brûle déjà dans le bas ventre.
    Avec toi. De tout corps/coeur avec toi.

  • Appoline dit :

    Combien sommes-nous ? Le minimum j’espère, je souhaite de tout mon coeur que nous ne soyons que très peu un jour piétiné(e)s de trop près. Ou bien tout ça n’est que normalité que nous n’aurions pas intégrée. Je ne sais plus quoi penser. Mais te lire m’a arraché des larmes dans le métro.
    Je t’en prie, n’écoute pas ce qu’il se dit, surtout, jamais.

    Et aussi pour ça mais pas seulement, moi, avec toi. De tout corps/coeur avec toi.

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