Appoline

Esquisse

24 février 2009 · 3 commentaires

La vie doit reprendre ses droits, parfois, souvent, toujours. Même si les efforts se sabordent de temps en temps, chaque nouveau petit pas doit être considéré comme un victoire sur soi, un soi déformé par un symptôme anorexique qui empêche de voir le monde en couleurs.

Les couleurs sont ternes dans cet univers pathologique transpirant l’égotisme et la folie. Mettant à l’écart tellement de belles choses qu’on ne sait pas voir, qu’on ne veut plus voir, qu’on évite sciemment.
“Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve”.

C’est donc ça, ne pas consentir à avoir droit à cette part de gâteau. Parce que déglutir fait mal. Il est des jours où la gorge dégonfle et où l’apaisement gagne du terrain. Jusqu’à la prochaine fois, jusqu’à la prochaine inflammation, jusqu’au prochain titillement de la trachée. Mais les brûlures ne doivent pas empêcher de réessayer d’avaler un morceau de plaisir. Le plaisir, c’est laisser couler l’eau sur sa peau sous la douche, c’est penser à envoyer des étoiles un peu partout,  c’est décorer ses murs de mille cartes postales des quatre coins du monde, c’est marcher le coeur léger sur les trottoirs parisiens en écoutant fort de la musique qui entraine.

C’est tenter de respirer un peu dans un amas de sentiments noirs pour y voir un peu de blanc. Des jours où on se dit qu’on peut déplacer des montagnes, et que quoi qu’il advienne, on a vécu ce qu’on vit. Que si les idées sombres existent, là, parmi tout ça, il y a du beau et du bon.
Espoir d’un mouvement, esquisse des contours.

Catégories : Histoires de.
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