Blurp.
Entrée de décembre 2008
31 décembre 2008 · 8 commentaires
Catégories : Histoire d'Elle
Tagué : sensations
25 décembre 2008 · 5 commentaires
Il a fait nuit, il était cinq heures et quelques minutes. J’ai pris mon manteau, mon béret et mon écharpe. Mon sac à main. Et j’ai chaussé mes bottes. Paris sous la nuit, la Tour Eiffel, le Pont Mirabeau qui n’a pas compris les gouttes salées qui ont rejoint la Seine, la scène. Je suis malheureuse. Je. Suis. Malheureuse.
J’ai marché, parcouru le 16ème arrondissement, hagarde, j’ai attrapé un bus, descendu trois stations après. Couru après un second, monter sans montrer le mascara qui coulait, au chauffeur, aux passager nombreux sur cette ligne qui mène à l’Hôtel de Ville. Aaron me parlait, doucement. J’ai traversé le centre de Paris, à pieds.
Je les ai retrouvé, à l’heure.
Plus tard, chez eux, après un second tête à tête sordide avec les clayettes du réfrégirateur, je me suis glissée sous les draps et ai laissé tombé le masque des beaux jours pour soulager un peu mon visage crispé par l’effort des sourires. Ces draps qui sentent la lavande, qui ne me manquent pas. J’ai gobé quelques cachets, anxiolytiques, pour tuer l’angoisse qui nouait mon ventre bombé par les ingestions outrageusement supérieures à la normale.
Nous étions à table ce midi, la journée avait démarré tard. J’ai attrapé une langoustine, la troisième de ce repas qui se déroulait pour le mieux, je parvenais à manger à peu près normalement. Et puis riant, il m’a dit “Mais arrête de manger! P’tain qu’est ce que tu bouffes!”
J’ai lancé la langoustine dans le plat comme si elle m’avait brulé les doigts, les lèvres closes, je me suis tue. Et j’ai quitté la table. Je n’avais pas mangé plus que les autres. Non.
Pourquoi? Pourquoi ce besoin de regarder ce que je mange. Pourquoi ne pas essayer de comprendre. Pour se protéger mon frère a adopté la politique autruchienne de celui qui ne voit pas, celui qui fait semblant de ne pas voir. Je vous emmerde. Il s’est retiré de tout ça, il n’y a jamais mis les pieds, il n’a jamais essayé de comprendre quoi que ce soit. iI ne sait pas les efforts que j’ai pu faire, il ne sait pas le mal qu’il a pu me faire. Il ne sait pas. Il ne veut pas savoir.
Je n’ai pas touché au plat sur la table. Mais je suis allée prendre des réserves dans la cuisine, en attendant le dessert. Les assiettes à peine débarassées de la table, j’ai pioché jusqu’à n’en plus pouvoir. Peu importe qu’ils soient là-bas, dans le grand salon austère et trop lisse, peu importe qu’ils entendent les bruits de couverts. L’anorexique s’est transformée en boulimique. Comme souvent chez eux. Je les hais pour ça. Je me hais pour ça.
La journée a continué, sans moi, dans ce monde infâme, faisant de brêves appararitions, pour signaler que malgré tout j’étais en vie, encore.
Mon père m’a raccompagnée. Et j’ai avalé une somme considérable de laxatifs.. Au champagne, la bouteille à peine entamée d’hier soir, restée dans mon frigo, avec une coupe en cristal. Parce que j’ai peur de prendre forme. Et parce que cette nourriture ne peut rester où elle est. Ma tête est lourde de tout, des effets des laxatifs, qui tourne et tourne et tourne. Ma tête est lourde de haine.
Pourquoi tout ça? Pourquoi.
Catégories : Histoire d'Elle
Tagué : boulimie, crises
Tourbillon
23 décembre 2008 · 4 commentaires
Quand on est gosse, on croit à ce qui devient avec le temps Utopie, on croit à la valeur d’une amitié naissante et inaliénable. Et si je n’avais pas la force nécessaire à aller jusqu’au bout de nos rêves communs. Et si je m’écroulais dans la ligne droite. Si tout ça dépassait mes capacités réelles. Si mes forces décuplées se divisaient. Je ne suis pas celle qu’on croit. Qu’Elles croient.
Je ne suis qu’une sale garce. Garce. Garce. Garce. Ridicule de ne pouvoir fêter Noël comme tout le monde. Imbécile de refuser les invitations à la Joie du dernier Jour de 2008. Décembre ne parvient pas à me survivre et laisse dans son sillage le froid et la pluie pour terminer son existence. Décembre 2008 laisse ses souvenirs derrière lui et les miens avec. Emmagasiner les rires et les bons moments, se faire porter par la chaleur d’Autres Ailes. Ne pas refuser la complicité réconfortante. Écouter les conseils distillés, ne pas en faire qu’à sa tête. Maman, je ne sais toujours pas vivre.
Et dehors, en Décembre, le monde est fou. Ferrero m’a offert un de ses Rochers, qui trône dans un compartiment à oeufs du frigo, vide de sens où se mélangent saumon fumé, beurre, crême fraiche et yaourt à 0%. Alors j’ouvre et ferme sans cesse, pour voir si ces aliments existent vraiment. Je sais d’avance que mes parents partis, cette nourriture terminera à la poubelle, malgré le SDF titubant au bout de ma rue. Parce que la honte qui me serre la gorge, m’étouffe, ne me permettra pas d’aller lui tendre ces morceaux de vie qu’il chérirait peut-être mieux que moi.
Décembre a un gout amer de solitude et de guerre, de bataille contre soi, et contre un tout, le Tout. L’an passé, le décompte avait commencé, jour après jour, je savais que j’allais partir, que j’allais réussir à sauter, enfin, me libérer. Un an après, jour pour jour après le début de mon calendrier morbide, je suis stupidement toujours en vie, en ayant parcouru haletante une année, de plus. Parfois jugée de trop. Mais des Ailes me tiennent en vie sans le savoir, sans mesurer l’importance de leurs gestes et actes, sans mesurer que sans Elles, il n’y aurait plus de moi.
Maman, je ne sais toujours pas vivre.
Pour garder la tête hors de l’eau, je prend des engagements, j’accepte de garder mon petit Monstre un jour de plus par semaine, j’accepte de l’emmener répéter des syllabes chez l’orthophoniste. Parce que peut-être pourrait-elle m’apprendre à vivre? La regarder à 6 ans, c’est presque se remémorer des souvenirs dilatés par le temps et les orages d’une vie désoeuvrée.
Pallier la déchéance, c’est accepter petit à petit de survivre aux mois qui passent, aux années que désormais on traine derrière soi. 6 ans, je savais encore profiter de l’innocence de mes chuchotements dans la salle de classe, échanger des billes dans la cour de récréation. Je savais encore sauter à l’élastique en chantant, organiser des complots de filles contre les garçons turbulents et innocents.
Mais ces 6 ans sont révolus. Ils se sont enfuis avec 18 passages à la nouvelle année. Et autant de Noël. Le poids de la solitude augmentant année après année. Paumée.
Catégories : Histoire d'Elle
Tagué : douceurs, Elles, sourires, tristesse
Noël
15 décembre 2008 · 2 commentaires
Tout est réglé à la minute près. “Nousseronscheztoile24ausoir.Tuiracherchertacousinele25Nousseronsunpeuplusd’unevingtainelemidi, etlesamediilyauratoutlemonde,doncplusquelejeudi
Tononclecomptesurtoitpourallerleschercheràlagarele21etlesemmenercheznouslesamedienvoiture”
Je ne conduis plus depuis plus de 6 mois.
Catégories : Histoire d'Elle
Pensée du 10 décembre 2008
10 décembre 2008 · 3 commentaires
C’est un chiant un dépressif. Surtout lorsqu’il se sent seul et incompris.
Catégories : Histoire d'Elle
Georges, ce Georges Heuyer…
10 décembre 2008 · 5 commentaires
Il ont essayé de me shooter, de m’enfermer, de me pervertir de leurs méthodes à la con.
Réveillée trois fois par nuit pour voir si je n’avais pas tenté de me suicider, la lampe torche dans les yeux pour vérifier, les médicaments qu’on doit prendre devant les infirmiers, le self et la course à la boulimie pour certaine, à celle qui mangera le moins, celui qui errait dans les couloirs le week-end et qui me faisait peur. Celui qui s’est suicidé dans la chambre d’en face de la mienne. Les mensonges des autres patients, les manipulations, les ragots entre eux.
Et moi là comme un cheveu dans la soupe ou sur la langue, mais à l’écart, différente.
Alors avec le recul oui, je peux dire que je suis différente et pas à enfermer, quoi qu’en disent certains. Non je mens trop bien.
Alors avec le recul oui, je peux dire que certaines choses ont changé, j’accepte d’être ainsi. Pas toujours mais parfois. Me disant que tant pis je vivrai comme ça aussi longtemps que je n’en tomberai pas. Je voudrais juste que les crises cessent d’exister.
Et comprendre pourquoi. Pourquoi je ne sais que parler de ce qui perturbe et que lorsque les bonnes nouvelles me concernent je ne parviens pas à comprendre qu’il s’agit de moi, que c’est du à mon travail et ma pseudo-intelligence. Je n’y crois pas, plus. Je ne crois pas que mes résultats soient le fruit de ma réflexion. Pourtant rageusement, je sais qu’en sortant d’un examen, j’ai (hélas?) réussi et que ceux qui me demandent comme ça s’est passé, je ne leur répond pas que oui “je pense avoir bien réussi”. Je suis à un point de la perfection dans une matière sur deux.
Et alors ça fait de moi quelqu’un d’heureux? Not really.
Je ne peux m’approprier ces notes délicatement vomitives pour moi. Malgré mon manque véritable de révisions, je ne suis pas parvenue à rater ça…
Catégories : Histoires de.
Tagué : clinique
"Il ne faut pas…" Prévert, Jacques
5 décembre 2008 · 5 commentaires
Le monde mental
Ment
Monumentalement.
C’est un peu tout à la fois, tout ça.
La course après ce que je fuis et la course contre le temps qui court, trop vite, toujours.
Tenir ou tomber.
Catégories : Histoire d'Elle

