Appoline

Entrée de janvier 2008

Merci de m’oublier

25 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Non, ne me demandez pas

De faire comme si j’avais une place parmi Vous, avec Vous Deux et Lui. Je ne peux pas y croire encore et encore, espérer vainement quelconque reconnaissance.
Entre Vous et Moi, je ne sais ce qu’il y a. Vos travaux respectifs, vos intérets divergents? Bien d’autres choses surement, peut-être, pourquoi pas, mais après tout non. Non je n’ai pas demandé à venir au monde, oh non, surtout pour ça. Pire que l’oubli malencontreux et pardonnable, pardonné avant même qu’il n’ait lieu d’ailleurs, il y a votre indifférence. Un signe ce matin, 3 petits tours et puis s’en vont. Que répondre à ça. Rien. Même pas une larme n’émergera de mes cils, non, aucune.
Mais ne me demandez plus jamais de me sentir dans votre famille, comme faisant partie de votre lignée bilinéaire. Considerez que je ne suis pas des votre, plus jamais.
Je suis l’Autre, celle qui loge temporairement dans la chambre au second, au fond du couloir, là-bas, après sa salle de bain.
Ne me criez plus de me sentir votre Fille, je n’y suis pas. Vous m’avez déjà asséné que je n’étais pas une Enfant Désirée, longtemps j’ai cru que j’avais été adoptée. C’était erroné mais pas tant que ça. Alors je vous crie de me laisser en paix.
Est-ce vraiment ce qui vous ferait plaisir. Suis-je réellement une erreur, ou Papa es-tu vraiment fier de ce que j’ai déjà pu accomplir, à force de bras et de cris, de larmes et de douleurs, pour vous faire rendre fiers, pour vous montrer que vous pouviez me considérer comme étant des Votre, de votre trio.
Pour prendre cette place après laquelle je cours et qui est perdue, à tout jamais.

Vous m’entendez? A tout jamais.

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Dialogue de sourdes

21 janvier 2008 · Laisser un commentaire

On devrait pas avoir le droit de briser un coeur qui bat encore Maman.

Dis, elles me vont bien ces boucles d’oreilles?
Oui elles sont marrantes.
Non elles sont jolies ou elles sont marrantes?
Bah je préfère les autres, celles qui pendent.
Sauf qu’elles sont dans ma chambre et qu’on est dans la voiture, tu t’rappelles, la voiture?
Oui, oui, remets les premières, celles que tu portais avant de changer.
J’aime pas avoir l’air ridicule.
Il est pénible celui-là, il avance pas on va être en retard.

J’ai mal au coeur M’man, on dirait qu’il s’éparpille dans tous les coins. On dirait qu’il a éclaté et qu’il parvient plus à s’rabibocher. J’ai le coeur, M’man, qui s’est brisé.

T’auras pas le RER de 8h33, même si tu cours.
De toutes façons, j’ai pas envie de courir, chui trop naze.
Comment tu parles?
Fatiguée M’man, fatiguée.
Oui c’est mieux quand même, ça va avec ta façon de t’habiller, l’allure c’est un ensemble et ça passe par le langage.
Merci.

M’man, mon coeur, aide-moi à le recoller, à mettre d’la colle, peu importe que mes paroles jurent avec ma tenue vestimentaire, avec mon apparence. Je parle de et avec mon coeur, M’man. Pas avec ma jupe.

Tu rentres avec moi ce soir?
Oui si tu me déposes chez A. pour 18h j’ai cours fait chier.
Je viens de te dire quoi?
Oh ça va j’ai plus quinze ans, si j’ai envie de dire merde, habillée en princesse, je l’f'rai, alors merde ça me fait chier. Il me persécute ce gamin, il me parle de mes phobies, j’en pleure. Il veut jamais travailler et moi je suis à bout. Dans ma tête. A bout.
Pourtant tu est obligée de gagner des sous, on ne peux pas te financer à 100 %.
Je préfèrerais passer des articles à une caisse et me faire mater par les clients tu sais.
Pourquoi pas te prostituer aussi?
Caissière c’est pas une tare et puis j’ai déjà pensé.
A quoi? A te prostituer?
Ouais.
Mais ça va pas non?
Qu’est-ce que ça peut te faire après tout?

M’man, arrête, fait pas la tête. J’ai l’coeur éparpillé comme les pièces d’un puzzle de Bambi qu’on faisait toutes les deux allongées sur la moquette, dans ma chambre. Tu t’rappelles?

C’est bon, dépose-moi là.
C’est loin, t’es sûre, tu cours pas hein?
Nan nan, promis je cours pas.

Et je suis partie en courant, décroisant mes doigts de derrière mon dos. Une promesse les doigts croisés, ça compte pour du beurre. Et mon coeur se perd encore plus quand je cours.

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Amour à corps perdu

18 janvier 2008 · Laisser un commentaire

“Nul ne sait si l’on vivra sans paix ni tracas”

Les partiels sont bels et bien terminés. Ma faim insatiable me demande que va devenir demain. Que sera ma vie sans les cours à avaler, à engouffrer. C’est si injuste de chercher le sommeil sans le trouver. De tourner, un somme nié, quotidien à présent. J’aimerai te dire que je ne te hais point compagnon infortuné de chair et d’os. J’aimerai être amoureuse de toi tous les jours comme au premier, devant le miroir trouver mes rondeurs, ça et là, jolies. Etre amoureuse de toi et m’endormir en prenant conscience de toi. Mais ta présence me rend nauséeuse, tu es froid et distant, mon corps as-tu du coeur? Enfin?
Ne me parle pas, rien en toi n’écoute. Et pourtant je vais bien ne t’en fais pas. Une semaine sans orgie. Une semaine de répit et de repos alimentaire. Alors je tourne et vrille autour de toi, telle une amoureuse éconduite qui cherche à te séduire, par tous les moyens, à t’écouter, te cajoler pour que tu me reviennes. Mais en vain.
Esseulée, je me prépare au rappel corporel d’une nourriture beurrée, celle du week-end, ton au-secours sortant des placards. “Nourris-moi” tu disais. Et je sais que le frigo sera ce debut de nuit mon ami non-imaginaire, tu guideras ma tête, anesthésiée et impuissante à résister. On se collera sur le carrelage froid et tous les deux, bouche et corps vous vous enlacerez pour une fois et ne formerez qu’Un. Aidés de mes mains, qui vous ouvriront un à un les “emballages à ouverture facile” vous terminerez les restes pendant qu’une pauvre et sombre idiote se laissera manger par plus fort qu’elle. Se faire manger par une nourriture alimentaire.
Seulement il ne tient qu’à moi de ne pas le faire. Il suffirait que je monte me coucher, en même temps que tout le monde. Suivre les pas de mes proches.
Mon Dieu, donnez-moi la force de résister à cette conduite fantômatique, laissez-moi ce soir, rien que ce soir, au moins ce soir, n’être que moi. Merci d’avance…

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Le Prince et la princesse

12 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Tournis sur le matelas. Une place vide à côté de moi. Sur le dos, j’ai regardé les étoiles invisibles.
Celles que j’invente, celle qui pourrait être la mienne. Cigarette à la main, nue sous les draps, parce que j’aime ça, m’allonger sur le dos, toute droite. Parce que les hanches dépassent. Il ne sert à rien de leurrer quiconque.
Quiconque.
J’aime ce mot, comme dormir sur le dos. A chercher mon étoile, Keren Ann qui me susurre des choses, je ne sais lesquelles, je les entends mais ne les écoute.
La cendre frémit à l’inspiration et menace de tacher la propreté ambiante.
“Viens on dit qu’toi tu s’rais la princesse et moi ton frère, un Prince”
Une larme a roulé sur ma tempe, puis deux, et trois. Le crapaud s’est transformé en Prince et la princesse est restée dans sa Tour, bulle qu’elle croyait éphémère. De savon comme celui que j’ai versé dans le poulet qui cuisait la semaine dernière. En vrai, la bulle, folie furieuse, est devenue plus que rigide. Et j’en suis à la fois prisonnière et à la fois protégée.
“A tout jamais not’ histoire s’ra vraie, hein, on se le promet? hein ma soeur? dis?”
Cette nuit le CD a tourné 3 fois ou peut-être quatre avant que je n’appuie sur Off. Daphné, Feist, Rose et Archive, après m’avoir enroulée dans leurs mots, sont allés se coucher. Il était 1h47 digitalement, dans ma tête il n’y a plus d’heure. J’ai encore tourné, fumé, pleuré jusqu’à la mi-nuit. Et un peu de sommeil plus tard, j’ai pris le RER pour plancher sur des partiels, un samedi matin. L’épuisement me gagne. Mais je saille, malsaine haine et malheureuse folie.
Dans la rue, à la sortie du Monoprix, une deuxième sortie. Celle des classes. Deux parents divorcés se disputent à grands cris les bras enfantins de leurs deux gamins. Hauts comme Une pomme, qui se tiennent par la main et sanglotent. Mes courses à la main, c’est lourd et dans ma tête, ça clignote, les cris de cette ancienne famille aimante qui s’est déchirée. Ces quatre âmes qui vivaient ensembles, avant. Puissance dix sur l’échelle sentimentale et émotionnelle de mon coeur. Cogne. Le père hurle que c’est son week-end, ses enfants, que c’est injuste, qu’il avait prévu de les emmener à Montmartre avec le soleil qu’il fait.
La mère vacille mais ne cède pas, attrapant le plus petit par le bras. Un tout petit bout de fillette, minuscule avec sa jupe et ses collants rayés en laine. Elle a les moufles qui pendent accrochées par un fil qui passe dans les manches.

Comme quand j’étais petite. Avec Ninou et ma mère.
Elle voulait qu’on aille au Zoo de Vincennes, au rocher aux singes après mon cours de piscine, comme ça on mangerait une crèpe. Elle criait ma mère, qu’on passerait le week-end chez elle. Il faisait froid mais il faisait beau. C’était y’a moins d’un cinquième de siècle et Janvier pointait déjà le bout de ses journées. C’est ce jour là qu’on s’est promis de devenir des gens biens avec mon frère, des gens beaux.

Il n’est pas resté crapaud. Il est devenu le beau de la promesse. Et moi j’ai pas quitté le Rocher.

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Sortie d’asile

8 janvier 2008 · Laisser un commentaire

“Hey salut! T’as bien fait de te barrer de l’asile”, crié haut et fort, devant la grande entrée de la Bibliothèque Universitaire. Il est gras de peau. Il est bedonnant de tout le corps. Les dents sales, on pourrait presque y chercher son déjeuner.
Se vante d’avoir rendue ivre une blondinette en mal d’amour, d’être rentré à 3 h du matin au lieu des 23 h accordées par le médecin, quelle preuve de maturité mon cher…
Se plait à dire qu’il a traité une infirmière de bouffone et de sale gourde. Dit, hurle quasi extatique qu’il “va se faire virer” et qu’il sera “heureux de partir de ce repaire de tarés suicidaires”.
Vulgaire serait le mot adéquat.

Je suis toute petite, prenant la cantonnade à témoin, déjà de nombreux et curieux observateurs de cet échange plus que saugrenu ont tendu l’oreille. Et une voix qui parait venir de nulle part, mais qui vient bien de moi, sure et intelligible crie, elle aussi, qu’au moins il a sa place parmi ses semblables. Vague rictus au bord de ses lèvres. Je jubile. Pervers.
“T’es pas sympa dis-donc”. Non, et je le revendique, méchante même, rien n’est gratuit dans ce bas-monde.
“En tout cas t’as l’air heureuse” Oui gratte un peu, tu verras pourquoi je suis si acerbe. Tu me dégoutes. Et tu dois en dégouter bien d’autres avec tes sales pattes de pervers.

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De retour

6 janvier 2008 · Laisser un commentaire

A la demande des mots doux

Un énième passage de mots sur la toile. A un certain stade on ne compte plus le nombre de passages, le nombre de brèche ouverte. C’est encore un passage alors qui s’ouvre, et qui se refermera sans nul doute un jour ou l’autre, avec son lot de regrets et de soulagements.

Cruciales journées que celles du futur. Incertaines et vacillantes lumières qui éclairent le quotidien.
On m’a dit à maintes reprises que j’étais inapte à la vie extérieure, à la vie sociale d’une “jeune de mon âge”. A l’époque où je fis fi de ces remarques, il n’empêche que j’ai eu du mal à les encaisser. Il y a à peu près un an.
Déjà un an. Un an seulement. La notion du temps m’est tellement étrangère que je ne sais que dire l’heure qu’il est. Et à l’heure qu’il est il fait gris sous ma couette dominicale. Je devrais sortir, aller au ciné, boire un verre entre copines. Aux alternatives proposées et existantes, je préfère le calme de mon lit.
Dimanche. Jour à rayer de la semaine. Qui ne devrait qu’en faire six. Mais ne résolvant pas le problème, il y aura toujours un lendemain de la veille et une veille du lundi, avec les mêmes lassitudes que le dimanche. Loin de moi ce havre de paix que fut la Clinique, je dois tirer un trait sur ce passé. Comprendre qu’à chaque fois que je prends un an, je ne meure pas un peu plus, mais j’en tire les conséquences. Un an sur une échelle de vie, c’est si peu et pourtant si plein.
R. m’a dit au téléphone que je ne savais toujours pas me situer. Vivre ou mourir. Trouver ma place. Ces mots qui font mal et qui sonnent. La voix de R. douce et apaisante. Celle de F. chantante et attrape-sourire. Elles ne m’ont pas oubliée, ni abandonnée.
“Vous savez, votre orchidée, elle fait des pousses” Me dit F.
Un jour je reviendrai dans cette contrée si proche, j’irai voir l’orchidée et relacherai K-Féine dans sa mare. Là je serais guérie. ça a peut-être changé ma vie. Peut-être.

En attendant ce jour, demain se décide mon avenir. Tic tac me dit l’horloge médicale. Plutôt mourir que de me laisser enfermer une nouvelle fois…

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Nepenthes

5 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Nepenthes

Antiquité grecque, n.m., remède contre la tristesse.

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