Appoline

Entrée de mai 2007

Qu’on est mal assis là

29 mai 2007 · Laisser un commentaire

Les jours se ressemblent. Tous, mais demain ce n’est pas aujourd’hui en pire. C’est demain c’est tout. Je suis abjecte et je crise, comme ça, me remplissant sans raison. Le poids qui est stable et insuffisant. Qu’est ce que j’en ai à foutre. Je n’ai qu’une envie, c’est de prendre ces putains de médicaments, d’avoir le courge une bonne fois pour toute de mettre fin à “ça”, à moi.
Bref, encore une fois. Une fois de plus. Pourquoi pas.

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Tendance inversée

22 mai 2007 · Laisser un commentaire

Alors pour Elle ce serait un problème de jalousie non résolue.

Peut-être. Surement même.

L’enfant prodige et prodigue devenue déchéance face à un frère perpétuellement indécis et porté par la vie. Enfin, se laissant porter par les jours passant.

De celui pour lequel Ils se faisaient des soucis est devenu un beau jeune homme, amoureux, épanoui professionnellement et scolairement.

De celle pour laquelle il n’y avait aucun problème. Pour celle qui tout allait en façade, apparente excellente élève à l’avenir certain et tracé. Il ne reste qu’une errance sans nom, depuis 3 ans voire plus qu’elle vogue au gré des inscriptions en facs et des recherche de soins, de psys en tout genre.

Aujourd’hui, elle échoue lamentablement de sa position d’ainée. Qu’elle n’a d’ailleurs jamais affirmée. cette même position qui lui a valu bien des torts, bien des pressions, bien des attentes familiales.

La tendance s’est donc inversée ces dernières années. Alors oui de la jalousie, il y en a. Inconsciente.

Parce qu’Elle ressent aussi du bonheur de voir le sourire épanoui de son frère. Consciente.

Elle n’a guère sa place dans cette famille. Oh non, fille indigne qui a perdu son prestige.

S’efface donc de façon à Lui laisser la place, comme depuis toujours en fait, depuis la naissance de ce frère aimé. Aimé et désiré.

Depuis ce mois d’avril 1987, Elle n’a jamais récupéré sa place au sein de la famille. Lui qui monopolise la parole dès qu’il est là, réveillé. Lui pour qui Ils doivent à Trois se plier en Quatre pour satisfaire ses demandes. Lui qui respire le bonheur, n’est pas coupable de vouloir le partager. Seulement Elle ne se sent pas la force de trouver cette place. Elle abandonne et s’enfuie. En marchant, s’efface lamentablement, honteuse et peinée de n’avoir jamais su trouver comment vivre avec Sa famille. Qu’Elle aime et qui l’aime en retour.

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Ecriture

18 mai 2007 · Laisser un commentaire

Les mots pleins de silence, j’ai attrapé le téléphone. 01 40 ** ** **.

“Docteur A.?”

“Oui”

“J’ai besoin d’aide, je sais pas”

“Qui est à l’appareil?”

“C’est moi, A.”

“Je n’avais pas reconnu votre voix”

“Je deviens dingue”

“Que se passe-il?”

“…”

“Mettez des mots, C., vous n’êtes pas folle”

“Si, je sais pas quoi vous dire, c’est déjà une marque de la folie”

“Vous êtes seule? Vous m’appelez d’où?”

“De ma chambre, chez mes parents”

“Et ils ne sont pas là? Vous êtes seule?”

“Oui ils sont à Deauville”

“Pourquoi ne pas y avoir été avec eux?”

“Parce que j’en ai assez de m’imposer dans leur couple, c’est pas ma place”

“ils vous ont proposé?”

“Oui”

*larmes de râge, impuissante allez vous faire foutre. Violence, violente, violamment violée*

“C’est un rapport avec la nourriture ces derniers temps?”

“Oui je ne maitrise plus rien”

“Vous avez appelé le Docteur K.?”

“Non, j’ai rien à lui dire, comme à vous en fait”

“Alors appelez des amies qui ne feraient rien par exemple.”

“Elles sont à l’école.”

“Vous en êtes sure?”

“Non”

“Alors ne basez pas tout ça sur des suppositions, décrochez votre téléphone.”

Oui des cordes vocales, non des neurones. Personne ne voudra de quelqu’un comme moi pour l’après midi, vous aussi vous êtes dingue.

“Rappelez moi en fin de journée, avant 19h, pour me dire ce que vous avez fait”

“Oui”

Bip bip bip bip bip, dans ma tête et mes oreilles.

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Déca-danse

16 mai 2007 · Laisser un commentaire

Etre folle c’est être ivre.

Etre ivre pour ressentir la folie.

Côtoyer cette ivresse. Tourner autour de soi jusqu’à avoir la tête qui tourne.

Rire à gorge déployée jusqu’à s’étouffer et s’écrouler.

En vain toujours en vie.

Se vouloir mourir pour ne rien regretter.

Se faire souffrir, racler, pour expier une faute qu’elle ne s’est pas pardonnée.

Pleurer pour s’oublier. “Ecrire pour oublier qu’elle est triste”

Dormir.

Surtout ne pas desserrer les dents, au risque de se mordre.

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Se heurte à ses propres murs

13 mai 2007 · Laisser un commentaire

A qui hurler que son sommeil se passe en compagnie d’une paire de ciseaux. Au cas où.

Ou des restes de boites de médicaments. Au cas où.

Restes parce qu’une mère inquiète est passée à la pharmacie rendre les boites qu’elle avait à sa connaissance. Au cas où.

Elle a donné des consignes strictes aussi. Garde les ordonnance avec elle. Interdiction de passer toute seule à la pharmacie. Au cas où.

En direct du monde des “au-cas-où”

“Abracadabra”

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La tête pleine de vide

11 mai 2007 · Laisser un commentaire

Lorsqu’elle est secouée, juste le son qui s’échappe d’un toc comme une bille qui taperai les paroi d’un verre. Alors c’est ça la Vie? Entendre cette bille désespérée qui semble chercher l’issue d’un secours.

Cette petite bille qui encaisse et accuse sans casser les coups portés. Elle se heurte aux parois d’une perversité gratuite d’une mère de verre.

Des paroles acerbes, elle ne retient que l’acerbe, le gluant qui coule le long de l’oesophage verbal. Collant aux sensations de la conversation, toile d’araignée tissée si étroitement qu’elle se laisse prendre aux pièges.

D’une nuit sans sommeil, de sueur et réveil nocturne. Et c’est de sa faute à la bille, qui tourne et retourne.. Et le verre qui contient cette bille d’idées coupées à la racine est insensible au froid glacial d’un congélateur, à la chaleur d’un four.

Un verre se tait. Se vide et se remplit. Puis se vide et se remplit. Point.

ça veut pas pleurer non plus, les larmes indésirables. Et la douleur pousse la bille toujours plus fort.

Alors elle va courir. Comme autrefois, se détacher de toute cette masse encombrée et encombrante.

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Pour cette Autre

6 mai 2007 · Laisser un commentaire

Pour cette fameuse qui est en moi.

Alors comme si la fatalité devait décider à ma place, je devrais me taire? Motus et bouche cousue. Ce qui est considéré comme une maladie, n’en est pas une. Symptôme latent et brulant, tapis d’un mal-être sournois, caché dans les entrelacs d’un passé qui est le mien. De mon corps en souffrance, je n’ai fait que calquer ma conduite sur cette voix insidieuse. Parce que pour moi prendre forme est synonyme de prendre vie, exister, je refuse. Mais refuse de prendre vie, c’est Leur donner raison, donner raison à toutes ces épreuves. J’abandonne. je veux leur donner raison. je veux mourir. je veux devenir fantôme

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Délires autour d’une Fée

6 mai 2007 · Laisser un commentaire

Petite fée se lance au bord d’une route immense. Fée pas ci, Fée tes comptes, Fée-néante. Oui du néant. On part tous du néant, puis peu à peu on se dé-néantise. On devient matière, on prend forme. Ces formes réfutées depuis près de 10 ans, je me dois de les accepter pleinement. En vain je me dis.

Fée-qui-rit et Fée-qui-pleure. Fée-minisée de parure qui dorent, de colliers et de bracelets qui habillent, de petits tops qui mettent en valeur sa généreuse poitrine inexistante. Ah la bonne blague. Le sarcasme, j’en fait ma raison de vie. Pour moi, pas pour ceux qui gravitent autour de moi, autour de mes neurones Fée-ériques. Autre je me sens. Et c’est intéressant, si je ne compte pas le sentiment récurrent d’une mise à l’écart. Fée-licite-toi on me dis. De quoi je répond. D’être toi, ce sera déjà ça. Bof, Fée-brilement, je suis Fée-lée.

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Au commencent

5 mai 2007 · Laisser un commentaire

Il y eut mon père, ma mère. Puis je suis venue.

Débarquée une nuit de janvier, dans une grande salle blanche, mon père aux côtés de ma mère, lui serrant fortement la main. Des mots il lui susurre à l’oreille. Des larmes d’émotions et de fatigue sur ses joues à mon père. ma mère sourit à mon berceau. Fière da sa fille, la première, l’ainée des deux.

J’en parle comme si je m’en souvenais. Mais après tout pourquoi pas, c’est en se créant nos propres souvenirs qu’on existe.

Et pour le moment, je n’existe pas encore. Je suis, j’erre, je vole, je profite de mes ailes qui ne sont pas celles d’un ange.

Des choses de la vie, j’ai vu et j’ai vécu.

Alors laissez moi reposer en paix, vous, que je hais. Vous que je peux aimer quand ça me chante.

J’ai l’envie d’hurler une colère invraisemblable, de vomir cette vie que je vis et que je vois.

Je survole des yeux, feuillette des oreilles tout un tas de choses sans jamais les vivre vraiment.

Alors je hais. ma vie se résume à exécrer.

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Journée en mode étrange

2 mai 2007 · Laisser un commentaire

Ce matin, j’avais rendez-Moi chez la kiné. Enfin Une kiné. Première fois.

Pour y être à 12h, il a fallu que je décolle de mon home-sweet-home à 9h45.

Mes pieds automates m’ont conduit jusque dans le 16ème, charmant quartier par ailleurs, malgré mes yeux embués par la fatigue d’une énième nuit sans sommeil. Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer les anxios dont le sevrage n’est pas possible pour mes pauvres neurones. 3 jours sans et j’ai mal partout, j’dors plus. Bref, j’ai aperçu notre chère Tour Eiffel. Et sur le Pont Mirabeau, je lui ai fait coucou. Et vous savez quoi? Elle ne m’a même pas répondu. J’ai sonné à l’interphone, je me suis présentée, du bout des lèvres, du bout du pied, dont j’ai cassé un doigt ce matin en tombant dans l’escalier. Très gentille cette kiné. Elle a essayé de me mettre à l’aise. Autant demander à un escargot de quitter sa coquille… Elle voulait que je parle, parce qu’en plus d’être kiné, elle est thérapeute manuelle. Dans les grandes lignes, elle m’a demandé de me déshabiller, de poser mes vêtements sur le porte-manteau. Je me suis allongée, tremblante, terrorisée oui. Et puis elle a commencé à me masser. Me frôler déjà a été une épreuve terrible. Dès cet instant, je me suis mise à pleurer, sans m’interrompre jusqu’à la fin, sauf pour répondre à ses questions. J’avais mal partout, à l’intérieur, je sentais quelque chose qui hurlait, qui se débattait. Implosion totale. Et puis à l’extérieur j’avais mal. A mes côtes otéoporosées, à mes mollets tendus. A mon doigt de pied cassé aussi. Lorsqu’elle a mis fin à cette torture, j’avais les yeux brulants, le cerveau dans son étau corporel. Et je suis partie. Fantomatique ombre dans les rues de Paris.

J’ai pris le bus jusqu’à mes quartiers. Ceux que j’affectionne, dans lesquels je me fond dans la masse. Descente à Saint Germain. Puis Odéon, Hautefeuille, Saint-Michel, le Square de Cluny, où je me suis posée au soleil. Là, allongée, j’ai commencé à sortir de cette torpeur terrifiante parce que sans faim. J’ai erré, beaucoup aujourd’hui, je suis allée à pieds encore et toujours jusqu’au Jardin du Luxembourg, passant devant la Sorbonne, enviant ces étudiants en groupe, affairés autour de quelques révisions. Luxembourg, crochet par Port Royal. J’ai voulu embrasser une Amie, qui se reconnaitra. Ou pas, qu’importe. Elle était en activité alors je suis repartie bredouille, après avoir été dévisagée, de la tête aux pieds, par une infirmière toute nouvelle du jour même. Qui me demandait si j’étais une patiente. “Non, pas vraiment, je suis venue voir H., mais elle est occupée, alors je repasserai. Dites, transmettez-lui hein?”

VTremblante, l’errance d’aujourd’hui fut longue, très longue. De Port Royal à Denfert, j’ai marché sous le soleil, j’ai pu découvrir des choses que je n’aurais jamais vues ailleurs, comme une plante sensible au toucher dont les feuilles se rétractent lorsqu’on les frôle. Elle joue la morte cette plante. Comme moi chez cette kiné. Sur le chemin du retour, Aaron dans l’I-Pod, j’ai chanté dans ma tête, jusqu’à ce que mes oreilles bourdonnent, jusqu’à ce que le sang y remonte à nouveau. Jusqu’à ce que la Vie ressurgisse.

Et ce soir, Elle est revenue. Éphémère et légère, mais elle est là.

Et mon père dort, dans la chambre au bout du couloir. Mon père qui s’est tué au travail. Et s’y tue encore. C’est ça le problème. C’est mon père, que je n’ose regarder tellement il se fane. Mes avancées Recouvranciennes m’ont permis au moins d’ouvrir les yeux sur cet état de non-vie. Lorsque la mienne fait une apparition digne d’un cirque de campagne, celle de mon père s’enfuit. C’est ce que j’ai compris de ces derniers jours. De mon père et de son teint gris. De ce que je peux y lire dans ses yeux. De la tristesse qu’il a lorsqu’il parle. De la nonchalance de ces gestes. De ces vertiges vertigineux desquels il redescend lentement. Des questions qu’il faut lui poser 3 fois. De son regard vitreux dans le vide. De son attaque de juillet dernier, il n’a rien retenu. Ni de la cigarette, ni des 60 heures par semaine. Ni de l’alcool plus que de raison. Ni du surmenage pour-ne-pas-penser.

Papa, tu te meurs et moi j’laisse dire. Je peux pas faire quoi que ce soit. Je ne peux rien faire pour toi. Et tu sais pourquoi. Parce qu’à une échelle et une étape différente, nous vivons la même chose. Le refus de laisser le sang couler dans nos veines. Toi par cette résistance à toute forme d’amélioration de ton état. Et moi… Moi malgré tout, malgré ce que je puisse en dire, je continue le combat, seule différence de ce schéma récurrent.

Parce que tu as baissé les bras Papa.

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