Appoline

Entrée de mars 2006

Dommages collatéraux

29 mars 2006 · Laisser un commentaire

Je savais que l’inspiration me viendrait plus tard. Je me rappelle de mes 15 ans. Une fête somptueuse, dans une grande salle en région parisienne. Organisée par la tante de ma mère, artiste peintre dont le mari est musicien et menuisier ébéniste, frère de ma grand mère à l’occasion. Tout ça pour poser le contexte.

Donc cette fête, plus de 150 personnes proches ou moins proches pour fêter le petit rayon de soleil familial, la seule fille parmi tous les petits enfants, à cette époque au nombre de 9.

L’enfant chérie, choyée, mise sur un pied d’estale. Moi pour faire court.

Des gens qui vont et qui viennent l’embrasser, lui souhaiter un joyeux anniversaire. Des têtes qui presque 10 ans après ne lui disent rien sur les photos.

Un discours de cette tante, qui fait l’éloge d’une petite fille modèle, musicienne comme beaucoup dans la famille, son avenir tout tracé, merveilleuse vie qui lui tend les bras.

Les gens lui sourient, versent une larme à l’écoute de ce si beau texte, encore encadré, dans la garage après avoir longtemps séjourné au dessus de la cheminée. Parce que cette petite utopie n’est plus, alors à quoi bon la laisser aux yeux de tout le monde dans le salon.

Et puis, à cet âge, la petite Utopie, appelons la comme ça, elle a autre chose en tête. Bafouée, salie et humiliée, voilà son cas.

Les cadeaux sont étalés sur une grande table. Aucun souvenir des présents reçus pour ses 15 ans, c’est triste. La fête bat son plein et Utopie sourit comme jamais, à s’en décrocher la machoire. Habillée comme une princesse, ce qui la préoccupe, c’est de ne surtout pas faire tache.

Faire honneur à l’offre. Ne pas décevoir et accumuler les bons points, à l’école, en société, au sport, au conservatoire.

7 ans plus tard, Utopie n’a toujours pas déçu cette famille de fête, jusqu’à ce dimanche. Elle a fait médecine comme ses oncles and Co, elle a échoué comme presque la moitié de ses oncles and Co, et elle était jusqu’à dimanche pour la famille de fête, en kiné, comme ses oncles-and-Co-pas-médecin.

Parce qu’à 2 jours du départ, Utopie a reçu une carte de cette tante, elle va devoir s’excuser auprès d’eux, de ne pas avoir été à la hauteur. Au téléphone.

Très jolie la carte. “Puisque tu pars, nous avons pensé que cette carte et un peu de sous te ferait plaisir. Affectueusement X et X XX”. Accompagné d’un joli chèque.

Génée, émue. Quoi dire? Muette de trouille à l’idée de perdre les mots à dire. Juste merci?

Et voilà un exemple de dommage collatéral de la maladie: la déception pour les proches, ne pas réussir à faire briller l’étoile. Très heureuse de passer ses vacances chez eux, mais l’Utopie qu’ils connaissaient n’est plus. Celle qui courait après les papillons dans le jardin n’a jamais existé, inventée de toute pièce par l’esprit torturée d’une gamine haute comme 2 pommes et demi.>

C’est sans parler des grands parents à qui jamais l’adresse de la clinique ne sera donnée. Espoir qu’ils fassent tout pour la trouver, s’ils trouvent le temps. Pour écrire une lettre qui rassure, qui explique qu’ils auraient voulu le meilleur pour leur petite fille unique (encore 5 garçons de l’autre côté…), mais que la vie réserve parfois des surprises et que le nouveau chemin pris n’est pas forcément moins bon.

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Le jour où j’ai rencontré un écureuil

24 mars 2006 · Laisser un commentaire

Journées folles depuis mardi. Depuis ce coup-de-fil-annonciateur-d’une-bonne-nouvelle en fait. Je suis passée du dépassée au refus de me bouger. Du oui au non. Du “arrête t’es dingue, tu vas enfler comme une vachette” au “pas grave, peut-être que tu ressemblera plus à un sac d’os”. Et puis là, je suis calme, presque sereine. Cette clinique, c’est peut-être un espoir, une vie. Les choses commencent à prendre forme en tout cas. Je n’arrête pas de faire des listes dont je raye les points au fur et à mesure. Surtout, ne pas oublier d’acheter des chaussettes, j’en ai plus. Je voudrais avoir le temps de couper une touffe de poils de mon chat aussi… C’est le plus dur, le point “chat”. Je peux pas vivre sans elle c’est pas possible. Elle m’a jamais fait défaut, jamais d’infidélité non plus, c’est à mes pieds qu’elle dort, ou tout contre mon corps, ou au dessus de ma tête. La première à râler quand je rentre trop tard et qu’elle m’attend sur le canapé familial (elle m’attend vraiment, elle dort et quand elle m’entend entrer dans le salon, elle se lève, la tronche pas réveillée, miaule un coup, se rallonge et comprend que c’est l’heure d’aller auprès de sa maitresse…). C’est la première, enfin la seule, à manquer de me faire tomber dans les escaliers, ou à surprendre mon pied au détour du couloir. Joueuse comme pas deux… Bref, je ne vais pas ressasser tout ça sinon, je sens que les larmes vont couler ce soir, et j’en ai pas envie. Pas maintenant, pas de larmoyantes larmes. Je suis forte. Non. Je suis dingue.
Donc mardi, beaucoup de coups de téléphone à passer, jongler entre mon portable que mes parents ont harcelé toute la journée, et le téléphone de la maison (mutuelle et clinique, 2 erreurs et citroën qui m’appelait parce que je n’avais pas donné suite à l’essai de la C1… S’ils croyaient que j’avais les moyens de l’acheter…) Mercredi. Ah mercredi… Levé super tard après 5 heures pas plus de sommeil (c’est ironique hein le lever tard, parce que passé 8 h, j’arrive plus à dormir). Ai joué aux Sims, je me sentais pas capable de faire autre chose. Ai crisé aussi, en me disant que ce serait peut-être la dernière fois, même si je me leurre pas, d’ici vendredi prochain, j’ai le temps d’en faire d’autres… Rdv psy à 14h… ça faisait très longtemps. Longtemps comme plus de 5 mois. Là où j’ai vraiment commencer à péter les plombs, où j’ai perdu le peu de garde-fou qui me tenait dans ce monde. Mais avec le recul, je pense que ça a été un mal pour un bien. Je m’explique: descendre au plus bas de la folie, de l’irréel, de la négation de moi, de mon corps, m’a peut-être permis de prendre conscience du mal ancré en moi. Je ne m’épancherais pas sur des détails croustillants de ces états immondes dans lesquels je me suis fourrée toute seule, parce que ça doit rester mon jardin secret, ma plus grosse honte. C’est pas beau d’être dingue. C’est pas beau de s’arracher la peau jusqu’à en saigner. C’est pas beau de tremper le poulet froid dans la confiture, pour voir quel gout ça a, pour se remplir aussi. C’est pas beau de découvrir le regard effaré des parents qui rentrent du boulot, devant l’état larvesque de leur fille. Muette, triste, dents serrées, coeur qui pleure. La folie, je l’ai vu lors de mes courses effrénées, de mes ciseaux, abdos… et d’autres choses encore. La peur, la haine, je l’ai vu, mais pas contre les autres. Non contre moi. Me détester à vouloir en crever. Je ne dis pas que c’est parti. Non, encore bien présent dans mon cerveau de mouche, mais maintenant, je sais que je suis “malade”. Malade d’être moi d’abord, puis malade de la vie aussi. Comme si la vie était un microbe dont je n’arrivais pas à me débarrasser. Alors peut-être que là bas, on va m’apprendre avec ce microbe, à cohabiter, puis devenir de vrai amis.

Je m’égare complètement ce soir, c’est à n’y rien comprendre. Moi qui croyais que mes derniers posts étaient décousus, là franchement, ça bat des records…

J’avais eu une séance chez ma psy mercredi après-midi. Je me suis tout de suite sentie à l’aise, comme si je n’avais jamais quitté ce canapé, comme si c’était hier. Pourtant j’ai parcouru beaucoup de chemin en si peu de temps. Équilibre fragile qui a intérêt à être consolidé pour ne pas que tout s’écroule comme un jeu de cartes sous le vent. Je crois que j’ai été contente de parler, elle n’a jamais du me voir aussi loquace. Preuve que les choses changent. Le seul bémol de ces derniers jours porte justement là-dessus: est-ce que je vais être capable de parler aux autres, de me confier comme j’ai pu le faire avec elle. J’avoue que j’ai des doutes. M’enfin je doute tellement sur tout en ce moment qu’un doute de plus ou de moins, je ne suis plus à ça près. Elle m’a proposé de lui écrire. Pourquoi pas, après tout, j’y avais pensé, mais il ne faut pas que j’oublie de prendre son adresse, sinon ça risque d’être compliqué. Je veux de la joie dans mes lignes, de l’amour, de la paix de soi. Mais intérieurement, je suis prête à exploser. Calme en apparences, mais tellement flippée à l’intérieur. Faites que je ne craque pas. Les sentiments s’opposent tellement en ce moment, je ne passe pas du rire aux larmes, non, mais de la terreur (mot un peu fort certes, mais si vous étiez dans mon cerveau-lent, je vous assure que ça conviendrait pile-poil…) à l’euphorie. Et je crois savoir pourquoi. Avant, je ne savais pas ce qu’était un sentiment, à part la colère et la peur. Maintenant, j’ai l’impression que mon champs de sentiments s’agrandit, il pousse. Avant je ne ressentais rien. Je suis morte pour le moment, en attente.
“Comment tu vas?” je répondais invariablement par “Je suis fatiguée”. Je ne savais pas dire autre chose.
Maintenant, je réponds toujours ça, mais souvent dans ma tête, je pense qu’il y a autre chose à cet état. Parce que “je suis fatiguée”, c’est pas un sentiment, c’est un état, une sensation.

Aujourd’hui, banale journée, fin du stage en libéral, puis je suis allée chez mon ancien prof de maths pour qu’il me donne des bouquins pour la licence de maths que je commence en octobre si tout se passe bien et si je suis sortie.

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Peur, froid, beau, tristesse, espoir

22 mars 2006 · Laisser un commentaire

Plein de sentiments, sensations mélés.
N’ayons toujours pas de réponse de cette Sécu à la noix, j’ai appelé hier midi. Le courrier pour l’entente préalable de l’hospitalisation est parti. C’est ok.
Alors coup de fil pour prévenir la clinique, qu’ils ne me rayent pas de la liste d’attente hein!
Surprise, ils m’attendent pour la semaine prochaine…
Tout est allée très vite, ça me fait peur tout ça.
Et si j’étais pas prête, et si comme d’habitude, je reculais pour mieux m’effondrer? Pour éviter ça, j’ai appelé tout de suite la mutuelle, pour pas changer d’avis, on ne sait jamais.C’est fait, ça y est. Je pars.

Et puis je suis presque célibataire aussi… Liberté chérie? J’en peux plus qu’il ne s’intéresse pas à moi, ne me demande pas comment s’est déroulée ma journée, oublie de m’appeler et d’autres encore. C’est pas comme ça qu’on m’aime, je suis quelqu’un, j’existe, alors tant pis. Je tire un trait sur 4 ans et des brouettes de relation.

J’y pense nuit et jour depuis samedi, comprenant, ouvrant les yeux sur le fait qu’il serait toujours le même, qu’il ne changerait jamais sa façon de vivre pour moi, pour nous. Que sa chambre ressemblerait toujours à une décharge. Qu’il continuera à m’insulter et me rabaisser à partir du moment où il sera fatigué, où sa journée aura été une sale journée. Compris aussi qu’il ne quitterai jamais Môman pour s’installer avec sa Belle. Que justement, la Belle, elle en a marre de passer après ses potes, un match de foot, sa soeur, sa mère, sa nièce. Parce que sa Belle, stupide comme elle est, elle a zappé tous ses amis pour lui, parce que sa Belle, elle a arrêté de faire ses comptes pour lui, s’est ruinée à coup d’essence dans la voiture, de paiements de réparation, de diner offerts.

Trop généreuse la Belle.

J’ai vécu de belles journées avec lui tout de même, je regrette pas ou peu. Le seul truc, c’est de ne pas avoir ouvert les yeux avant, me rendre compte que même si ses sentiments sont vrais, le quotidien nous a tué. La maladie aussi.

De toute façon, je pars 3 mois mini et ensuite, mes études se feront ailleurs que sur Paris, je penche pour Montpellier, donc hop là, on tire un trait, on tourne une page. Puisque rien ne le perturbe, tout va bien. Mais sa Belle, elle se meurt, et elle aurait eu besoin d’un peu plus de soutien. Personne à qui se raccrocher. “Mais pourtant, tu as un copain qui t’aime, quelqu’un sur qui compter?”
Et bien non justement, compter sur qui? Un fantôme qui dors quand je suis là parce que fatigué et qui quand ses copains arrivent la bouteille de Clan Campbell à la main, Loulou se réveille comme par magie, oubliant qu’il était fatigué quand Louloute était là?

Il y avait un truc qui clochait depuis longtemps, et lui se voilait la face. Moi j’attendais qu’il me dise “Chérie, ça va pas, que penses tu de régler le problème, ou au moins tenter de le régler?”

J’en ai fait couler des larmes pour lui, de la larmichette au torrent.

Hier je suis allée chercher mon cousin Gare de Lyon, à 22h07 le train 7924 voiture 18. Je lui avais demandé lundi soir s’il voulait m’accompagner. “On verra” il a répondu. Moi j’ai compris, pas bête la Belle.
Hier soir je suis passée chez lui, “tu viens avec moi alors?”
“Non, j’ai pas envie”
“D’accord, à bientôt alors” j’ai dit sachant qu’au fond de moi, il y a un truc qui s’est cassé, qui me disait, “vas-y, sauve toi, tu ne perds rien”.
“Tu m’embrasse pas?” demande-t-il innocemment
“Nan j’ai pas envie”

Ton indifférence ne me touche pas.
Je peux très bien me passer de toi”

Alors je me suis sauvée. Sur tout le chemin, des musiques d’amour, de couple qui se brise, j’ai trouvé ça marrant, limite c’était ma programmation de la radio par les pensées… Et puis la dernière chanson avant de rentrer dans le parking méditerranée de la gare: “puisque tu pars” de J.J. Goldmann. Alors là, j’ai carrément failli exploser de rire…

Donc voilà, c’est fait, je m’en vais, un noeud dans le ventre pendant qu’un noeud de mon coeur se délace…

“Une si belle journée
Donne l’envie de paix
Voir des anges à mes pieds
M’faire la belle”
M.F.

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Coup de gueule post-thérapie familiale

17 mars 2006 · Laisser un commentaire

J’en peux plus, je sature, je baisse les bras.
Je suis arrivée à un point où je me dis que vivement que je m’en aille. S’il vous plait, libérez moi une place, je vous en supplie. *cris de détresse sur fond de “hurlements de Léo”*.

Je supporte plus l’attente, la thérapie familiale et tout le reste. La coupe est pleine. De haine.

Ce matin, vérification de la boite aux lettres 3 fois avant de partir, ce qui m’a valu de me coincer le doigt dedans. Hop-là coupée, pour rien en plus parce que rien dans cette foutue boite aux lettres. Pas plus de prise en charge Sécu que de chocolats en forme de Père Noël (bien que j’ai horreur de ces chocolats…). Donc 10 h je pars pour l’école.

11h, j’appelle à la maison pour savoir si le facteur est passé. Réponse paternelle: NON. 12h30, texto pour Papa: “eske ya du courié pr moi?”. Réponse “NON”
Je bouillonne. 13h, je sors de cours, appel à la maison, 1 sonnerie, on dirait que mon père campe près du téléphone et attend mon appel, il devance ma question, vive la présentation du numéro, merci France télécom: “Tu vas m’appeler tous les quart d’heure pour savoir?”
“Oui P’pa” je réponds
“Le courrier est passé, rien pour toi à part ton relevé de banque”
“Oui bah on parle pas de choses qui fachent! Bises à tout à l’heure”

Bip, bip bip bip, sonnerie de raccrochage.

Bon bah c’est pas pour aujourd’hui cette prise en charge sécu que la clinique attend pour lancer la prise en charge mutuelle… Ne pas oublier lundi de vérifier la boite aux malheurs (aux lettres quoi!) Après la clinique pourrait peut-être négocier avec la mutuelle le paiement d’une chambre particulière.

Bref, cantine, re-cours. A la sortie du cours, je pars annoncer à la directrice que je ne passerai pas les partiels de la semaine prochaine, ça sert à rien. “Ok” elle me répond, “fais comme tu le sens”. Je comptais pas faire autrement de toute façon.

Et puis thérapie familiale. J’en peux plus, je supporte plus la thérapeute, Lui j’arrive à parler, mais Elle, elle me fout en rogne. Toujours à me contredire, à excuser mes parents, même s’ils ont tord. Elle me pousse à bout. J’ai demandé ce soir à ma mère d’arrêter ses stocks de bouffe, de laisser trainer ostensiblement les paquets de gâteaux, les crêpes toutes chaudes, le pain viennois. Fin bef, tout ce qui pourrait me pousser à criser. Donc la thérapeute-que-j’aime-pas me rétorque qu’ils vont pas arrêter de vivre pour moi. Je ne parle pas d’arrêter de vivre, je parle de m’aider à avoir faim, à manger aux repas… Elle me dit que je suis pas seule au monde et qu’il faut que j’arrête de faire culpabiliser ma pauvre mère qui n’ose pas manger un yaourt devant moi. Je me mets à pleurer, comme d’habitude (je crois que pas une séance ne se passe sans que je pleure.), lui crie que je demande juste une petite chose, pas la lune. Je ne l’empêche pas de faire des gâteaux et tout le reste, mais de m’aider un peu. Je lui cite l’exemple de l’alcoolique à qui on dirait “j’ai laissé une bouteille de vodka sur la table, mais tu ne te sers pas un verre”. Vous pensez bien que la bouteille, il va la finir! Ou même à celui qui essaye d’arrêter de fumer, laisser un paquet de clope sur la table du salon, c’est le tenter alors qu’il ne pensait pas du tout à fumer, s’il passe devant. Ce à quoi elle me rétorque que l’alcoolique en manque pourra toujours aller au supermarché du coin pour s’acheter sa bouteille. Ok, mais s’il n’y pense pas à boire et que justement, il passe devant cette bouteille, il fait quoi, il la regarde?

Je suis en colère, l’impression de lacher. Je veux plus faire d’effort. J’ai pas mangé ce soir, ils me gonflent. J’en peux plus…

Voilà, c’est le petit grand coup de gueule du vendredi soir, celui qui me met la rage pour le week-end. S’il y avait un petit bonhomme qui pleure et un autre qui bout de rage, bah je mettrais ceux-là. Et M***** alors!!!!!!!

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L’eau, l’odeur

12 mars 2006 · Laisser un commentaire

Juste un bref passage.

Piscine ce matin, le coeur léger, le corps lourd sous l’eau. L’eau sur ma peau, je la sens, m’y sens bien. Je nage et nage et re-nage jusqu’à l’épuisement, l’essoufflement, mon coeur battant à sortir de moi, j’aime.

J’ai l’impression qu’en sortant, je renaissais. Emerveillée par les odeurs qui m’entourent, le chlore d’abord, puis le soleil, l’hiver froid. Roule la fenêtre ouverte aujourd’hui, signe soit que je fume une cigarette au volant, soit qu’il fait suffisamment chaud pour que je le fasse (ou bien les 2 à la fois).

Même pas peur de demain, jour des cartons à l’école, jour où je vais partir sans dire au revoir je pense.

Au revoir à jamais, faites comme si je n’avais jamais existé s’il vous plait. Ne me faites pas l’affront de verser une larmichette, je serais capable d’y voir de la tristesse de m’avoir connue puis perdue. Moi l’éphémère insatisfaite.

“Elle est pas donnée à tout le monde la chance de s’aimer pour la vie. 10 ans, 10 mois, 10 secondes.”

Un jour, je vous appellerai pour vous dire merci. Merci de m’avoir considérée pendant quelques mois comme à peu près l’une des votre, un cobaye certes mais au moins quelque chose.

Même pas peur de faire mon carton. Peut-être que c’est moi qui vais pleurer la première, de partir vers l’inconnue, la vraie, celle qui va me changer, celle qui va faire de moi quelqu’un d’autre. Parce que je ne serais pas non plus kinésithérapeute (ça tombe bien c’est moche comme nom de métier je trouve, bien que je n’ai rien contre le travail de kiné…)

Allez sans rancune mes camarades de galère, je penserai à vous, les partiels approchant, moi les doigts de pieds en éventail dans mes chaussures, ou mes chaussons peut être.

Au revoir, à jamais…

Réflexion faite, après prise de connaissance de mon emploi du temps, je vais vous ennuyer encore jusqu’à vendredi… Jeudi je viendrai en nurse et NEM pour voir la directrice qui nous fait le TP, encore une fois, lui lancer les plus sales regards possible, haine et peine mélangées. Joie et peur à la figure, je vais lui refourguer toute ma misère, celle qui montre les os et les affirme. Oui c’est moi, Appoline, et non, cette fois, je ne te servirai pas pour faire les manoeuvres. Rien que ça je vais lui dire, l’affronter, lui montrer que j’ai subi ces manipulations avec l’impression d’avoir été un hamster en cage, 15 paires d’oeils braquées sur tes mouvements et mon corps embarrassé et embarrassant. Te faire payer puissance rien du tout ce que tu m’as obligé à accepter. Pour un non malade, c’est anodin. Combien sont ceux ravis de se montrer en spectacle lors des manipulations par les profs? Mais moi ça m’a marqué. “Oui Appoline, le poids plume, te caches pas, j’ai besoin de toi”. Jusqu’au jour où, hors de moi, je me suis sauvée dans les couloirs, en maillot de bain, sans ma blouse oubliée dans la salle… J’ai eu froid ce jour là, très froid. C’est le même jour, celui où tu m’as convoquée dans ton bureau austère et triste à mourir, d’ailleurs comment fais-tu pour ne pas déprimer dans ce bureau?. Tu m’as dit: “je ne te sens pas heureuse ici”. C’est vrai, j’étais malheureuse de venir jusqu’à l’école tous les matins, à reculons, saute-moutonnant pour m’endormir le soir, nerveuse du lendemain, et bataillant pour que le réveil me laisse du répit le matin.
Ja-mais ça ne m’étais arrivé encore ce genre de choses: j’étais toujours levée avant le réveil, même en médecine, avec mon peu de sommeil par nuit. Alors pourquoi maintenant? Parce que ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse voilà tout.

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Ah les psy

10 mars 2006 · Laisser un commentaire

Bon, j’avais rdv pour une nouvelle psy cet après midi, entre 2 lettres de motivation pour trouver un nouveau job (ça y est école définitivement arrêtée, je vais vider mon casier dans un carton lundi matin normalement…).

Et bah vraiment pas top ce rendez-vous, hâte que ça se termine. Une tête de fouine sur un tout petit corps qui, me perçait du regards avec des yeux sombres, impression horrible d’avoir été nue pendant tout l’entretien. Pas un mot de sa part ou presque, elle ne prenait aucune note. Affreux.

J’avais des envies de meurtre. Donc échec mais pas mat, je rappelle mon ancienne psy demain matin, je crois que c’est vraiment la mieux de tous les psys que j’ai écumé.

Et j’en ai besoin, je le sais, au bord de la rupture malgré mes efforts effrénés pour me sortir de tout ça.

Ai craqué toute la journée hier, mangé, mangé, mangé jusqu’à n’en plus pouvoir. Pas un simple petit écart, non, le pain congelé comme d’habitude, cornichons trempés dans le yaourt, pâtes froide avec du ketchup et de la mayonnaise… Fin bref, tous les trucs les plus dégueux, fallait que je l’écrive. Passé 15h, je pouvais plus rien avaler.

Mes parents sont rentrés et m’ont trouvé prostrée sur le canap’, mattant la télévision.

J’ai rien dit, jusqu’au craquage, jsuqu’à la fin des haricots: “alors, tu es allée dans des fish’s and chips à Londres pour manger?”

Putain, Papa, me parle pas de bouffe. j’ai fondu en larmes, comme une madeleine sortant du four et j’ai tout déballé, que je m’en sortirai jamais, que j’étais bonne à rien, que tout s’est bien passé à Londres, il fallait que je rentre pour que tout dérape, que je m’emplisse comme une outre assoiffée, que j’étais pas normale…

Non, Papa, les gens normaux ne se mettent pas la tête dans le congélo pour croquer le pain encore gelé… Non Papa, les gens normaux ressentent la faim, ont le ventre qui gargouille, les papilles en ébullition lorsque le repas s’annonce…

J’ai passé je ne sais combien de temps à pleurer, je pouvais même plus respirer tellement j’avais mal a fond de moi.

J’étais toute penaude, là dans la garage, lieu de réunion pour fumeurs familiaux, la tête baissée, comme punie.

“Relève la tête” il m’a dit, “tu n’es coupable de rien”.

Si papa, je suis coupable d’être ce que je suis, c’était pitoyable, je peux même pas rester seule une après-midi. Je ne me reconnaissais pas.

Il a su trouver les mots, les vrais, ceux qui font du bien et mettent de la pommade là où j’ai mal en moi. Je les remercie, ils l’ont pas mérités tout ça quand même.

Je crois que ça les a choqués tous les 2. Tellement qu’ils m’ont appelés toutes les heures aujourd’hui pour voir comment ça allait. mais beaucoup mieux, j’étais calmée. Et sure que le chemin de la guérison allait être long, très long. Mais ça en vaut la peine.

Il a appelé mon médecin ce matin, je ne sais pas ce qu’il lui a dit et je veux pas savoir, mais j’espère qu’elle a su trouver, elle aussi, les mots qui rassurent et qui soignent comme mon père les a trouvé hier soir.

Je suis confuse ce soir, je suis désolée de les faire souffrir autant aussi. Ils veulent mettre un cadenas à tous les placards, mais je veux pas, ça va être encore plus invivable pour eux que ça ne l’est déjà. Mon frère est en pleine croissance, obligé de cacher son gouter au cas où? Non je veux pas, pas possible.

Allez, on repart pour une nouvelle journée demain, on y croit et on s’accroche, faites que je flanche pas…

Faites que je flanche pas…

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